L'état du marché des assurances-vie
Le marché de l’assurance-vie n’est pas au meilleur de sa forme depuis le début de l’année, le mouvement risquant de s’amplifier dans les années à venir, selon le cabinet de consultants Facts & Figures. Le marché entrera visiblement dans « une dynamique de collecte nette négative d’ici à 2020 ».
Cette dynamique pourrait même s’enclencher plus tôt, dès 2017. Entre janvier et avril, la collecte nette a représenté 1,4 milliard d’euros selon la Fédération Française de l’assurance. Les sorties, donc rachats ou prestations en cas de décès ont été plus nombreuses que les versements sur contrats. En mars, la collecte nette a été nulle, atteignant même une collecte nette négative de 0,6% en septembre 2016.
La raison de la chute
La raison de cette évolution est avant tout structurelle. En effet, les encours d’assurance vie augmentent en moyenne de 56 milliards d’euros par an. Le taux de charge est lui stable depuis plusieurs années, aux alentours de 7% à 8%. Les montants de prestations augmentent donc mécaniquement, en moyenne de 4 milliards d’euros par an.
En 2017, les charges de prestations sont plus élevées de 1 à 2 milliards que les années précédentes. Cette augmentation est imputable au vieillissement des contrats et des encours. Finalement, les cotisations ne compensent pas la hausse des prestations. Le cabinet Facts & Figures assure même que la collecte brute d’assurance-vie « se heurte à un plafond de verre situé à 135 milliards d’euros annuels ».
Une nouvelle stratégie d'épargne
L’année 2017 s’inscrit comme une année de rupture pour le domaine de l’assurance. En effet, les assureurs incitent de plus en plus leurs clients à diriger leur épargne vers des Unités de Compte (UC), ces supports investis pour partie en actions, au détriment des fonds en euros, telle que l’assurance vie.
À noter cependant que selon une enquête IPSOS conduite en avril 2017, les Français se déclarent à 57% satisfaits du rendement que leur apporte leur assurance-vie. Ce résultat ne les empêche pas de diriger leur épargne vers de nouveaux services. Entre 2015 et 2016, le secteur du crowdfunding a augmenté de 40%, totalisant un montant de 233,8 millions d’euros, dont 45 millions en obligations et 40 millions en prêts rémunérés. Une alternative crédible qui semble donc séduire une part croissante des Français.
