- Par David Peronnin, Associé chez ClubFunding.
Un funding gap annuel des PME de 10 milliards d’euros en France
Diversification, développement à l’international, refinancement, rachat de parts sociales : aujourd’hui, de nombreuses PME manquent de capitaux pour se développer. Trop grandes pour s’appuyer sur du crowdlending, trop petites pour intéresser les banques, elles laissent des projets de développement mourir faute de moyens financiers. Principales concernées, les PME, dont les besoins sont compris entre 40 000 euros et 1 million d’euros. En France, chaque année, environ 10 milliards d’euros ne sont pas financés par les circuits « classiques ». Dans ce contexte, le crowdfunding apparaît comme une opportunité de financement utile. Il devrait être amené à jouer un rôle encore plus important après les nouvelles annonces d’Emmanuel Macron qui permettent aux entreprises d’emprunter jusqu’à 2,5 millions d’euros via le crowdfunding. On peut raisonnablement estimer qu’un cinquième de ce marché, soit deux milliards d’euros de besoins non couverts, peut être financé par une catégorie bien particulière de crowdfunding, le crowdfunding en obligations.
Pourquoi le crowdfunding en obligations ?
Pourquoi l’obligation ? Parce que c’est un outil simple, non-dilutif, et rapide. Pour les PME qui ne souhaitent pas ouvrir leur capital, c’est le produit « classique » idéal. Pour des raisons de coûts, les banques le réservent aux grands groupes et aux ETI, qui y ont aujourd’hui recours à hauteur de 34%. Il est donc très peu utilisé par les PME – moins de 2% d’entre elles y ont recours. Mais les choses ont changé depuis mai 2015, date à laquelle l’AMF a décidé de faciliter l’émission d’obligations dans le cadre du crowdfunding. Suite à cette évolution de la réglementation, nous avons lancé ClubFunding, qui répond au funding gap des PME françaises par le crowdfunding en obligations.
ClubFunding : 15 projets financés en un an
Le crowdfunding en obligations fonctionne. ClubFunding a déjà financé une quinzaine de projets de PME de secteurs variés. Le panier moyen des opérations est de 150 000 euros pour 2015 et de 350 000 euros en 2016, avec un coût de la dette autour de 10%, et un délai de financement parmi les plus courts du marché - autour de cinq semaines. Pour respecter ce timing serré, nous avons développé des outils d’analyses quantitatifs et mis en place une équipe d’analystes professionnels qui s’assurent que nos critères d’éligibilité sont respectés.
Un pas vers le co-financement
Côté investisseurs, nous mobilisons aujourd’hui des patrimoniaux, des family offices et des investisseurs professionnels. Nous voulons développer le co-investissement entre personnes physiques et personnes morales. Il s’agit d’une tendance de fond qui va accélérer le financement des PME, tout en offrant des produits diversifiés et rentables aux investisseurs. A ce titre, regardons ce qui se passe Outre-Manche, où les vingt principales plateformes de crowdfunding du pays ont levé l’année dernière en moyenne 100 millions de livres chacune, notamment via le co-investissement. Nous avons en France 4 à 5 ans de retard sur la Grande-Bretagne, ce qui veut dire que les opportunités de croissance sont extraordinaires, et que tout reste à faire !
