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Débloquer le marché locatif

Rédigé par Victor Nivet
Débloquer le marché locatif

Ce qui s'est passé cette semaine

Le Premier ministre Sébastien Lecornu et le Ministre délégué chargé du Logement Vincent Jeanbrun

Logement : Lecornu présente un projet de loi pour débloquer le marché locatif

Jeudi à Marseille, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé un projet de loi logement soumis au Sénat en première lecture dès cet été. Au coeur de ce projet, une mesure centrale : les logements classés G au diagnostic de performance énergétique (DPE), interdits à la location depuis 2025, pourraient être remis sur le marché si le propriétaire s’engage à réaliser des travaux dans un délai de trois ans pour une maison, cinq ans pour une copropriété.

Selon le ministre du Logement Vincent Jeanbrun, la mesure permettrait de maintenir ou remettre sur le marché 650 000 à 700 000 logements d’ici 2028.

Le texte étend également le dispositif dudit ministre Jeanbrun (l’incitation fiscale à l’investissement locatif lancée en février) aux maisons individuelles anciennes, jusqu’alors exclues. Le seuil de travaux requis passe de 30 % à 20 % du prix d’acquisition. Ces annonces s’inscrivent dans l’objectif fixé en janvier : construire 2 millions de logements d’ici 2030, contre 270 000 mis en chantier sur les douze derniers mois.



Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne

BCE : un statu quo le 30 avril, et après ?

La Banque centrale européenne se réunira jeudi, dans un contexte inconfortable. L’inflation repart à la hausse sous l’effet des prix de l’énergie et l’activité économique, elle, freine. En zone euro, l’indice PMI des directeurs d’achats (un baromètre mensuel du moral des entreprises) est passé sous la barre des 50 en avril, un seuil qui signale une contraction de l’activité. La guerre en Iran coûte entre 0,3 et 0,6 point de croissance selon les pays, peut-être davantage.

Augmenter les taux dans ce contexte ? Personne ne s’y risquerait jeudi. Les conditions d’un emballement durable des prix ne sont pas réunies et le taux directeur en termes réels avoisine déjà zéro. Mais la réunion de jeudi ne clôt pas le débat : quelques gouverneurs de la BCE plaident pour un durcissement préventif en citant l’épisode 2022-2023, quand l’institution avait relevé ses taux de 0 % à 4,5 % en quatorze mois sans déclencher de récession. Leurs contradicteurs répondent que les circonstances sont trop différentes pour en faire un précédent. Le suspense, lui, est selon toute vraisemblance renvoyé à juin.



Drapeau de l'Espagne hissé devant un immeuble

Crise du logement : l'Espagne sort l'artillerie lourde

Le même jour où Sébastien Lecornu présentait son projet de loi logement à Marseille, Madrid approuvait son Plan national du logement 2026-2030, doté de 7 milliards d’euros, soit trois fois l’enveloppe du plan précédent. Sur ce budget, 40 % iront à l’augmentation de l’offre à prix modéré, 30 % à la rénovation du parc existant et le solde à des aides ciblées pour les jeunes et les ménages vulnérables.

La pression justifie l’ampleur de la réponse. On le relate régulièrement ici, les prix de vente ont fortement augmenté en Espagne (+7,3 % en 2025). L’offre locative se réduit sous la pression du développement des locations touristiques et l’Espagne accueille 500 000 habitants supplémentaires par an depuis la pandémie. Le logement est désormais cité comme la première préoccupation des Espagnols dans les sondages, dans des termes qui rappellent le diagnostic français.



Quoi de neuf sur les marchés ?

🛢️ Le détroit d’Ormuz reste le nerf de la guerre. Trump a prolongé le cessez-le-feu avec l’Iran mercredi, mais le détroit reste bloqué et le Brent repasse au-dessus des 100 dollars. La semaine a oscillé entre espoirs et crispations : saisie d’un navire iranien par les États-Unis lundi, prolongation de la trêve sans réponse claire de Téhéran, léger assouplissement américain sur le dossier nucléaire. L’issue par un accord n’est pas encore assurée à ce stade.

📊 La saison des résultats se poursuit. Aux États-Unis, plus de 80 % des sociétés du S&P 500 ont publié et la saison est globalement bonne. En Europe, le marché s’est montré brutal : L’Oréal (+5 %) et STMicroelectronics (+17 %) sont récompensés quand Bureau Veritas (-10 %) et Thalès (-5 %) sont sanctionnés. Alstom émet un nouvel avertissement sur ses marges, rappelant ses déboires de 2023.

🌍 L’écart se creuse. Le S&P 500 affiche +4 % depuis janvier, le Nasdaq +5 %, tous deux sur leurs records historiques. Le CAC 40 et le l’Euro Stoxx 50 n’évoluent guère. Les indices européens restent 3 à 5 % sous leurs niveaux d’avant-crise. Tant que le dossier iranien pèse sur l’énergie et la confiance des entreprises, l’Europe peine à combler l’écart.

Note : revue arrêtée vendredi midi, les marchés ont pu évoluer depuis.



Pour prolonger la lecture

  • LE MONDE — Le Livret A enregistre son pire premier trimestre depuis 2009, avec 3,1 milliards d'euros de retraits nets en trois mois. Son taux, divisé par deux en un an à 1,5 %, le rend moins attractif. La remontée de l'inflation liée à la guerre en Iran pourrait toutefois changer la donne : le taux, révisé en juillet, devrait mécaniquement remonter.

  • SUD-OUEST — Une circulaire de Bercy envoyée lundi aux ministres établit que tous les budgets ministériels devront diminuer en 2027, à l'exception de la Défense. Les effectifs devront également être maîtrisés. Le gouvernement maintient son objectif de repasser sous les 3 % de déficit en 2029, conformément aux engagements pris auprès de Bruxelles.

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