Dix ans de start-up nation : promesse tenue ?


Commerce parisien : les vitrines les plus prisées affichent complet
Trouver une boutique sur les plus belles avenues de Paris relève désormais du casse-tête. Sur les artères prime, le taux de vacance (la part des locaux vides) est tombé autour de 3 à 5 % début 2026 selon plusieurs études de conseil en immobilier commercial, en net recul sur un an. Avenue Montaigne ou dans certaines rues du Marais, c'est encore plus serré : les vitrines libres se comptent presque sur les doigts d'une main.
Derrière cette pénurie, on retrouve le secteur du luxe. Une trentaine d'ouvertures sont attendues dans la capitale cette année, massées sur trois ou quatre axes seulement : rue et faubourg Saint-Honoré, avenue Montaigne, Champs-Élysées. Forcément, quand l'offre se raréfie et que les enseignes se bousculent, les loyers des meilleurs emplacements augmentent.

Bureaux : le haut de gamme retrouve les faveurs des prêteurs
Longtemps boudés, les bureaux suscitent de nouveau l’intérêt des prêteurs européens. Dans la dernière enquête de CBRE auprès des financeurs immobiliers, le secteur grimpe de la sixième à la troisième place des actifs les plus recherchés, derrière le résidentiel et l'industriel. Et les conditions de crédit s'assouplissent pour les immeubles haut de gamme : les banques acceptent de prêter une part plus élevée de la valeur du bien, tout en baissant le coût de ces crédits. Un cas unique parmi les grands secteurs.
Le mouvement se lit aussi dans les volumes. Les investissements en bureaux ont atteint 10,7 milliards d'euros en Europe au premier trimestre, en hausse de 6 % sur un an, après une année 2025 déjà en rebond. Mais cet appétit ne vaut que pour le très haut de gamme. Les prêteurs trient sévèrement, et les immeubles plus anciens ou mal situés restent à la peine. L'écart entre les meilleurs immeubles et le reste du parc continue de se creuser.

Dix ans de start-up nation : promesse tenue ?
Pour ses dix ans, VivaTech affiche des chiffres qui donnent le vertige. En une décennie, le salon parisien est passé de 45 000 à 180 000 visiteurs, le nombre de start-up a triplé et celui des investisseurs a été multiplié par douze. Surtout, l'argent a suivi : les sommes investies dans les jeunes pousses françaises sont montées de 2,1 milliards d'euros en 2016 à 7,3 milliards en 2025, selon le cabinet EY.
Derrière la vitrine, le bilan : la France a bâti un vrai écosystème, mais en face, les États-Unis et la Chine accélèrent. Les dépenses tricolores en recherche et développement stagnent à 2,2 % du PIB depuis 2010, quand l'Allemagne atteint 3,1 % et les États-Unis 3,4 %, d'après l'OCDE. Un sujet central à un an de la présidentielle.
Quoi de neuf sur les marchés ?
🛢️ Le soulagement. Après trois mois de conflit, Washington et Téhéran ont signé jeudi un protocole d'accord qui prévoit notamment la réouverture du détroit d'Ormuz. Le Brent est repassé sous les 77 dollars, au plus bas depuis trois mois. Le CAC 40 en profite (+2,76 % depuis janvier), tiré par les valeurs qui avaient le plus chuté durant le conflit.
🏦 La Fed change de ton. Pour sa première réunion sous la présidence de Kevin Warsh, la banque centrale américaine a laissé ses taux inchangés mais durci son discours, effaçant du communiqué la perspective de baisses cette année. Avec une inflation toujours élevée à 4,2 % sur un an, les marchés voient une chance sur deux d'une hausse dès septembre.
🚀 Après une entrée en Bourse record, SpaceX a brièvement atteint la cinquième capitalisation mondiale, avec près de 2 600 milliards de dollars, avant de refluer en fin de semaine. En Europe, ASML a signé un record de valorisation, au-delà de 640 milliards d'euros. Intel a bondi sur un accord avec Apple et BMW a publié un nouvel avertissement sur résultats.
Note : Revue arrêtée vendredi dans la journée, les marchés ont pu évoluer depuis.
Pour prolonger la lecture
LIBÉRATION — L’Insee prévoit un regain de croissance de 0,7 % en 2026.
LE FIGARO — La Fed maintient ses taux d’intérêt inchangés lors de sa première réunion depuis la nomination de Kevin Warsh.
BFM-RMC — Impôts sur le revenu : le grand flou de Bercy sur le nombre de grandes fortunes qui y échappent.