Droit de douane : oui, et alors ?


L’hôtellerie n’a pas dit son dernier mot
Airbnb aurait mis l’hôtellerie française au tapis ? Pas si sûr. En 2025, le secteur affiche une progression de 2 % de son chiffre d’affaires, avec un taux d’occupation et un prix moyen en hausse d’un point chacun. Certes, la dynamique n’est pas uniforme.
L’hôtellerie haut de gamme mène clairement la danse (+5 %) quand l’économique tient bon et le super économique recule (-2 %). Et petite surprise : la clientèle d’affaires se replie et laisse le tourisme de loisirs porter le secteur. La Côte d’Azur et les littoraux brillent (+6 %), suivis de près par Paris (+5 %). À l’inverse, les établissements franciliens hors capitale, plus dépendants des déplacements professionnels, se retrouvent sous pression.
En 2026, la croissance est attendue entre 1 % et 3 %, toujours portée par les loisirs. Avec une demande intérieure solide et un recul des voyages vers les États-Unis, une partie de la clientèle internationale pourrait se diriger vers d’autres destinations, dont la France.
Source : Étude In Extenso TCH relayée par l’AFP

Droits de douane : oui, et alors ?
Contre toute attente, la France redresse la barre de son commerce extérieur en 2025. Malgré les surtaxes imposées par Donald Trump, le déficit commercial recule à 69,2 milliards d’euros, soit 10 milliards de moins en un an. Les exportations progressent plus vite que les importations. Merci l’énergie (la facture a été allégée grâce à la baisse du pétrole), l’aéronautique avec des livraisons en hausse chez Airbus et un excédent record des services. En revanche, l’esprit n’est pas vraiment à la fête du côté des vins et spiritueux qui reculent fortement sous l’effet des droits de douane américains et chinois.
Les droits de douane étant devenus le new normal, la France envisage elle aussi de durcir le ton. Le Haut-Commissariat à la stratégie et au plan (rattaché à Matignon), dirigé par Clément Beaune, recommande à l’UE d’imposer jusqu’à 30 % de taxes sur certaines importations chinoises pour protéger l’industrie européenne. Car on le rappelle, la Chine monte largement en gamme sur ses productions et vient aujourd’hui tutoyer nos domaines d’excellence comme le nucléaire ou l’aéronautique.

Plus de 1 million de m² de bureaux convertis en logements en Espagne
À un mois du premier tour des élections municipales en France, c’est une proposition qui revient dans de nombreux programmes politiques : pour loger les habitants, convertissons des bureaux en logements ! Est-ce bien réalisable ? En France, la réglementation ne permet pas de le faire si facilement. Mais en Espagne, plus qu’une possibilité, c’est devenu une réalité.
Entre 2023 et 2025, environ 1,1 million de m² de bureaux ont été convertis. Merci le télétravail, dont l’essor permet de répondre en partie au besoin accru de logements et à la croissance du tourisme. Rien qu’en 2025, sur les 2,165 milliards d’euros investis dans l’achat de bureaux, 650 millions d’euros visaient à transformer ces biens en logements.
Ce n’est pourtant pas mince affaire : non seulement les obstacles réglementaires existent mais tous les bureaux ne permettent pas, du fait de leur structure, d’être convertis en logements. Mais le réservoir est là : CBRE estime qu’à Madrid, plus de 500 000 m² pourraient être convertis.
Quoi de neuf sur les marchés ?
📈 Les marchés ont retrouvé de l’élan, soutenus par un net rebond à Wall Street et par de solides publications d’entreprises en Europe. À Paris, le CAC 40 a enchaîné les records, porté par le luxe et l’industrie. Des groupes comme EssilorLuxottica ou Safran ont rassuré sur leurs perspectives, tandis que certaines valeurs, après des annonces jugées trop prudentes, ont été sévèrement sanctionnées avant de se stabiliser.
🧠 La technologie reste centrale, mais plus clivante. Le retour des investisseurs sur les semi-conducteurs et le cloud a soutenu la tendance, notamment avec des partenariats de long terme comme celui entre STMicroelectronics et Amazon Web Services. En parallèle, des craintes de survalorisation liées à l’IA ont ravivé la volatilité, pesant sur certaines valeurs logicielles et sur Apple après de supposés retards produits.
🏦 Les investisseurs saluent aussi la bonne santé de certains acteurs financiers, à l’image de UniCredit, tout en restant prudents. Inflation américaine, emploi et calendrier de la Fed restent les principaux points d’attention. Résultat : une dynamique globalement positive depuis le début de l’année, mais fragile, où chaque indicateur macro peut rapidement changer l’humeur des marchés.