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Du temps gagné avant septembre

Rédigé par Victor Nivet
Du temps gagné avant septembre

Ce qui s'est passé cette semaine

Entrepôt

Tertiaire francilien : rebond au printemps, locataires aux commandes

Après un début d'année poussif, les locaux d'activités franciliens, ces entrepôts, ateliers et petites unités logistiques, ont repris des couleurs au deuxième trimestre. Les surfaces louées ou vendues y ont bondi de 34 % sur un an entre avril et juin, selon BNP Paribas Real Estate, effaçant une partie du recul du premier trimestre. Sur le semestre, le marché revient à peu près à son niveau d'il y a un an. Les entreprises décident plus lentement et se rabattent sur les locaux déjà existants, qui captent l'essentiel des signatures.

Du côté des bureaux, les locataires gardent la main. Les mesures d'accompagnement, ces avantages que les propriétaires concèdent pour attirer un preneur, comme des mois de loyer offerts ou une participation aux travaux, tournent autour de 30 % de la valeur du bail, d'après le GIE ImmoStat. Et l'écart géographique est saisissant : 16 % dans le quartier central des affaires parisien, très recherché, contre près de 42 % à La Défense.



Livret A posé sur une surface

Livret A : le taux à 1,7 % suffira-t-il à faire revenir les épargnants ?

Le Livret A traverse un trou d'air. Sur les six premiers mois de 2026, les retraits y ont dépassé les versements de près de 6 milliards d'euros, son pire premier semestre depuis 2008, selon la Caisse des dépôts. En cause, un rendement tombé à 1,5 % en février, qui a poussé une partie des épargnants vers des placements mieux rémunérés. La tendance pourrait s'inverser : le taux remonte à 1,7 % au 1er août, sa première hausse depuis 2023, portée par le retour de l'inflation. Il reste toutefois en deçà de la hausse des prix.

Vu de plus haut, le paysage reste stable. L'épargne réglementée dans son ensemble frôle encore les 950 milliards d'euros d'encours fin 2025, tout près de son record, d'après la Banque de France. Ces livrets ne pèsent toutefois que 14,4 % du patrimoine financier des ménages : l'essentiel de l'épargne des Français dort ailleurs, à commencer par l'assurance vie, qui demeure de loin leur premier placement.



Logo de Mistral AI

Microsoft s'offre la puissance de calcul de Mistral

La pépite française Mistral a signé le 21 juillet un contrat de plusieurs milliards de dollars avec Microsoft. L'américain va louer sa puissance de calcul en Europe, ces serveurs qui font tourner l'intelligence artificielle, et distribuera ses modèles via le cloud Azure et Copilot. Microsoft achète surtout de la capacité, sans prendre de part au capital, pour offrir aux secteurs sensibles comme la finance ou la défense une infrastructure européenne.

En parallèle, selon le Financial Times, Samsung discuterait d'un investissement d'environ 1 milliard d'euros, sur une valorisation proche de 20 milliards, près du double d'il y a dix mois. Rien n'est signé. Ce virage confirme le changement de métier de Mistral, qui vend ses modèles mais loue aussi désormais la puissance qui les fait tourner. Le paradoxe, relevé par plusieurs observateurs : pour bâtir une alternative européenne, la startup resserre ses liens avec un géant américain, ses puces restant signées Nvidia.



Présidente de la Banque centrale européenne

La BCE gagne du temps avant septembre

La Banque centrale européenne a choisi d'attendre. Réunie le 23 juillet, elle a laissé ses taux directeurs inchangés, son taux de dépôt restant à 2,25 %, après la hausse surprise de juin, sa première en trois ans. Christine Lagarde veut d'abord mesurer l'évolution de l'inflation, retombée à 2,8 % en juin après un pic à 3,2 % en mai, et l'effet du conflit au Moyen-Orient sur les prix de l'énergie. Une nouvelle hausse reste possible en septembre, sans être acquise : les marchés eux-mêmes sont partagés.

Ce tournant se ressent déjà sur la dette. Le rendement des obligations d'État françaises à dix ans, le coût auquel Paris emprunte, a franchi les 4 % pour la première fois depuis 2009. À la remontée des taux de la BCE s'ajoutent les inquiétudes sur les finances publiques françaises. Pour l'État comme pour les emprunteurs, l'argent coûte de nouveau plus cher, après des années de taux au plancher.



Quoi de neuf sur les marchés ?

🛢️ L'escalade au Moyen-Orient a dominé la semaine. Attaques houthies contre des pétroliers saoudiens, tensions sur Ormuz. Le Brent a franchi les 100 dollars jeudi, une première depuis fin mai, avant de refluer sous les 90 dollars. La flambée a ravivé les craintes d'inflation et tendu les taux : la dette française à dix ans a touché 4 %, un plus haut de dix-sept ans. Le CAC 40 a fini en hausse sur la semaine.

📉 Alphabet a cédé plus de 8 % malgré de bons comptes, plombé par des dépenses d'IA jusqu'à 205 milliards de dollars et une trésorerie négative. Tesla a plongé de près de 20 % du fait de bénéfices décevants. STMicroelectronics s'est effondré d'environ 15 %.

📈 L'Europe résiste. Airbus s'est envolé de 6 % sur un nouveau plan et un rachat d'actions de 5 milliards d'euros, Total a profité du baril cher, le bénéfice de BNP Paribas a bondi de 33 %. La BCE a maintenu ses taux jeudi, sans surprise. En fond, les menaces douanières de Trump continuent de peser.

Note : revue arrêtée vendredi midi, les marchés ont pu évoluer depuis.



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