Newsletter

Durcir le ton quand la croissance flanche, une bonne idée ?

Rédigé par Victor Nivet
Durcir le ton quand la croissance flanche, une bonne idée ?

Ce qui s'est passé cette semaine

Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne

BCE : durcir le ton quand la croissance flanche, une bonne idée ?

C’est une première depuis 2023 : la BCE a relevé son principal taux directeur de 2 % à 2,25 % ce jeudi, à l’unanimité de son conseil des gouverneurs. Le but affiché est de contenir l’inflation qui a atteint 3,2 % sur un an en mai dans la zone euro, loin de la cible de 2 %. La flambée du pétrole liée à la fermeture du détroit d’Ormuz explique l’essentiel de cette hausse des prix.

Le geste divise. Plusieurs économistes rappellent qu’un relèvement des taux ne rouvrira pas Ormuz ni ne fera baisser les carburants et qu’il pèse sur une croissance déjà molle, ramenée à 0,8 % pour 2026. Côté immobilier, la décision était largement anticipée par les marchés. Reste que des taux qui repartent à la hausse renchérissent le crédit et pèsent sur la valorisation des actifs, après des mois de détente bienvenue pour les emprunteurs. Et les investisseurs s'attendent déjà à deux nouvelles hausses d'ici la fin de l'année.



Drapeau espagnol hissé devant un immeuble

En Espagne, les capitaux affluent sur la pierre

Au premier semestre 2026, l'investissement immobilier en Espagne dépasse 10 milliards d'euros, en hausse de 50 % sur un an et au-dessus du précédent record de 2022, d'après le cabinet JLL. Le résidentiel concentre l'essentiel de cet appétit, avec près de quatre fois plus d'argent placé qu'un an plus tôt. Illustration : Brookfield a racheté à Blackstone un portefeuille de 5 000 logements pour 1,05 milliard d'euros.

Cette ruée se lit aussi dans les prix. Les logements ont bondi de 12,9 % sur un an au premier trimestre, du jamais-vu depuis début 2007. La hausse vient surtout de l'ancien (+13,5 %), quand le neuf progresse de 9,1 %, signe d'un marché tendu sur les biens déjà construits. Au total, les prix enchaînent 48 hausses annuelles d'affilée, soit douze ans sans répit, selon l'indice de l'INE, l'institut statistique espagnol. Un marché porté par une offre qui peine à suivre la demande.



Applications d'intelligences artificielles

Emploi IA : la France, locomotive européenne ?

Bonne nouvelle pour la French Tech : Paris est devenue le premier pôle européen pour l'emploi dans l'intelligence artificielle. Depuis 2023, près de 20 000 des 256 000 postes liés à l'IA créés dans l'Union européenne l'ont été dans la capitale, soit trois à quatre fois plus qu'à Dublin, Munich, Milan ou Madrid, selon une étude LinkedIn présentée dans le cadre du salon VivaTech qui se tiendra la semaine prochaine à Paris. Et la dynamique dépasse Paris : Grenoble et Toulouse concentrent autant de talents, portées par l'électronique et l'aéronautique.

La photo flatte, mais la partie reste serrée. Les spécialistes de l'IA changent volontiers de pays pour leur carrière, huit fois plus que les autres actifs. En 2025, la France a attiré un peu plus d'ingénieurs qu'elle n'en a perdu, mais son solde reste inférieur à la moyenne européenne. Le leadership parisien tient donc autant à sa capacité à former qu'à retenir ses talents, dans une concurrence mondiale qui ne faiblit pas.



Quoi de neuf sur les marchés ?

🛢️ La semaine a tangué au rythme des frappes entre Israël et l'Iran, qui ont maintenu le Brent nerveux autour de 90 dollars. Mais les espoirs de trêve ont repris le dessus, Trump multipliant les annonces d'accord. Résultat, le CAC 40 finit la semaine en hausse de 2,67 % à 8 350 points, non loin de son record. L'or retombe à un plus bas de six mois, autour de 4 000 dollars l'once.

🏦 L'inflation revient au centre du jeu. Aux États-Unis, les prix ont grimpé de 4,2 % sur un an en mai, au plus haut depuis trois ans, mais conforme aux attentes. La Fed devrait temporiser les 16 et 17 juin. La BCE, elle, a déjà tranché en relevant son taux de dépôt à 2,25 % (voir plus haut). Deux tempos pour deux banques centrales.

🚀 Début de semaine brutal pour l'IA : le Nasdaq a signé sa pire séance depuis avril 2025, les semi-conducteurs lâchant plus de 10 %. Le débat sur une possible bulle refait surface, et Oracle a plongé de 16 % en une semaine sur des dépenses d'IA jugées trop lourdes. La fin de semaine a changé d'air avec l'introduction en Bourse de SpaceX, qui pourrait hisser Elon Musk vers les 1 000 milliards de dollars de fortune.

Note : revue arrêtée vendredi en fin d'après-midi, les marchés ont pu évoluer depuis.



Pour prolonger la lecture

Abonnez-vous à la newsletter