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La course est lancée

Rédigé par Victor Nivet
La course est lancée

Ce qui s'est passé cette semaine

Bases de données

IA : deux levées qui donnent le vertige

Mistral AI a bouclé sa première levée de dette : 830 millions de dollars obtenus auprès de sept banques, pour financer un data center à Bruyères-le-Châtel, dans l'Essonne. L'infrastructure, équipée de 13 800 puces Nvidia dernière génération pour une puissance de 44 mégawatts, doit être opérationnelle au deuxième trimestre 2026. Ce site est stratégique : jusqu'ici, Mistral concevait des modèles d'IA européens mais les faisait tourner sur des serveurs américains. Rapatrier les données sous juridiction européenne, c'est le cœur de son argument commercial auprès des gouvernements et des entreprises qui veulent éviter de dépendre des clouds américains.

Cette semaine, OpenAI a annoncé une levée d'une tout autre dimension : 122 milliards de dollars, la plus importante jamais réalisée par une entreprise privée, portant sa valorisation à 852 milliards de dollars (!). À titre de comparaison, c'est plus que JPMorgan, la première banque mondiale. L'opération mérite toutefois d'être lue attentivement : Amazon, Nvidia et SoftBank, les trois plus gros investisseurs, sont aussi les trois principaux fournisseurs d'OpenAI. Une partie significative de cet argent reviendra donc dans leurs propres caisses via des contrats d'infrastructure.



Donald Trump, président des États-Unis annonçant les taxes par pays en 2025

Droits de douane : un an après, qui a vraiment payé ?

Le 2 avril 2025, Donald Trump lançait son "Liberation Day" en promettant que plus un centime de ces taxes ne sortirait de la poche des travailleurs américains. Un an après, la Cour suprême a invalidé une large part des droits de douane réciproques, obligeant le Trésor à rembourser environ 160 milliards de dollars aux entreprises. Le taux douanier moyen américain, qui avait culminé à 27,5 % au pic de la crise selon la Banque Nationale du Canada, est redescendu autour de 10 %.

Le bilan pour les consommateurs américains est sévère : selon la Fed de New York, 90 % de la charge tarifaire a été supportée par les acheteurs locaux, pas par les exportateurs étrangers. Le think tank allemand Kiel Institute porte ce chiffre à 96 %. La Tax Foundation estime le surcoût à environ 1 000 dollars par ménage en 2025. Le déficit commercial américain a atteint un record de 1 241 milliards de dollars, tandis que le commerce mondial progressait de 5 %, tiré par de nouveaux accords conclus sans les États-Unis. Un anniversaire qui passe relativement inaperçu : depuis le déclenchement du conflit américano-iranien, la guerre commerciale a cédé la une aux marchés pétroliers.



Carte de la France hexagonale montrant l'évolution des prix immobiliers des principales villes françaises à 3 mois en avril 2026

Immobilier : un printemps pas comme les autres

Le printemps est traditionnellement la meilleure saison pour le marché immobilier. 2026 sera-t-elle l’année qui fait exception ? Les prix de l’immobilier ancien ont légèrement reculé au premier trimestre (-0,2 % en moyenne nationale, -0,5 % dans les 50 plus grandes villes de France) selon l’indice SeLoger - Meilleurs Agents - Les Echos. Paris se fige avec des prix à 9 669 euros le mètre carré. Seules les zones rurales résistent, en hausse de 1,1 %.

L’attentisme s’explique par plusieurs facteurs : élections municipales, épisodes neigeux et surtout la guerre au Moyen-Orient, dont la durée reste incertaine. Les économistes ont esquissé deux scénarios, tous deux en repli, tablant sur 65 000 à 270 000 transaction en moins selon l’intensité du choc sur l’inflation et les taux de crédit.

Côté construction neuve, les permis accordés en février progressent de 3,3 % sur un mois, à 33 151 autorisations. Sur douze mois glissants, 387 944 logements ont été autorisés et 283 007 mis en chantier, selon le ministère du Logement.



Quoi de neuf sur les marchés ?

🛢️ La semaine a été rythmée par les volte-face du président américain sur l'Iran : désescalade promise mardi, frappes "extrêmement dures" annoncées jeudi. Le CAC 40 a oscillé entre 7 681 et 8 000 points au fil des déclarations, avant de signer malgré tout sa première semaine de hausse depuis le début du conflit (+3,4%), tout en cédant encore environ 7 % depuis le 28 février. Le Brent évolue autour de 107-110 dollars le baril, en hausse de près de 45 % depuis le début de la guerre. Une note d'espoir en fin de semaine : l'Iran et Oman travailleraient à un protocole pour encadrer le trafic dans le détroit d'Ormuz.

📉 Le choc économique commence à se chiffrer. L'inflation en zone euro a accéléré à 2,5 % en mars contre 1,9 % en février, sous l'effet direct de la flambée énergétique. Les marchés, qui anticipaient des baisses de taux de la Fed il y a un mois, intègrent désormais une probabilité de hausse cette année. Le spectre de la stagflation refait surface.

💡 La tech américaine accuse le coup. Le Nasdaq recule d'environ 11 % depuis son pic d'octobre. Microsoft enregistre son pire trimestre depuis 2008, Nike touche un plus bas sur dix ans. À contre-courant, Eli Lilly s'allie à Insilico Medicine pour développer des médicaments par IA, un partenariat pouvant atteindre 2,75 milliards de dollars.

Note : revue arrêtée vendredi en milieu de journée, les marchés ont pu évoluer depuis.



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