La dette française peut-elle encore être stoppée ?


Le marché des bureaux français entrevoit un rebond
Le pire est peut-être derrière lui. Après quatre années de baisse, le marché des bureaux approche de son point bas. En 2025, 3,1 millions de m² ont trouvé preneur en France, dont 1,5 million en région, soit 9 % de moins qu'un an plus tôt. Pour 2026, le cabinet Arthur Loyd attend une dernière année molle, entre 2,6 et 3,2 millions de m². Le rebond est espéré pour 2027, avec un marché qui devrait arrêter de reculer.
Mais cette moyenne cache deux marchés distincts. La demande est devenue plus exigeante. Les locataires ont repris la main et renégocient leurs baux, pendant que les bureaux de seconde main s'empilent, +18 % sur l'année. Résultat : un immeuble rénové aux derniers standards se reloue vite, un immeuble mal placé ou dépassé prend la poussière. Le neuf manque même dans des villes comme Toulouse ou Marseille. La géographie et l'état du bien font toute la différence.

Espagne : le remède de la banque centrale contre la crise du logement
L'Espagne ne construit pas assez. La Banque d'Espagne estime, dans son rapport annuel 2025, que le nombre de logements achevés est tombé à environ 92 000 sur l'année, en baisse de 9 %, pendant que les prix grimpaient de près de 10 % en termes réels. Les terrains constructibles se font rares, les chantiers traînent, et la productivité du secteur a reculé de 13 % en une décennie. Une offre qui ne suit plus la demande, et des acheteurs écartés du marché.
La solution avancée tient en un mot : densifier. Plutôt que d'étendre les villes, l'institution propose de bâtir sur les terrains déjà disponibles, avec un potentiel de 500 000 logements, voire 1,2 million en visant la densité de Madrid ou Barcelone. Le diagnostic résonne en France, où la rareté du foncier et la lenteur des projets freinent aussi la construction. Densifier plutôt qu'étaler les villes : un débat qui dépasse les Pyrénées.

Dette française : la Cour des comptes voit rouge
La dette publique française atteint un nouveau record : 3 536 milliards d'euros fin mars, soit 117,5 % du PIB, au-delà du pic de l'après-Covid. Mais le chiffre brut compte moins que ce qu'il coûte. Comme les taux d'intérêt ont grimpé, chaque emprunt qui remplace un ancien se fait à un tarif plus élevé. La charge de la dette, soit les intérêts versés chaque année, a atteint 65,7 milliards d'euros en 2025, devrait grimper à 77 milliards en 2026 et friser les 100 milliards en 2029. De quoi en faire l'un des premiers postes de l'État.
Dans son rapport du 25 juin, la Cour des comptes juge que "tous les signaux sont au rouge" et appelle à ne plus reporter l'effort. Le gouvernement vise un déficit à 5 % du PIB en 2026, objectif jugé loin d'être acquis. Faute de majorité à l'Assemblée, le budget 2027 pourrait passer par ordonnances, une première. Le retour sous 3 % en 2029 paraît à beaucoup hors d'atteinte.
Quoi de neuf sur les marchés
🛢️ Washington et Téhéran ont avancé dans leurs discussions, avec un dispositif pour sécuriser le détroit d'Ormuz, où passe près d'un cinquième du pétrole mondial. Le Brent est repassé sous 75 dollars le baril, à ses niveaux d'avant-guerre. L'or est redescendu sous 4 000 dollars l'once.
💻 Cette semaine, les valeurs technologiques ont d'abord décroché, sur fond d'inquiétude autour du coût des dépenses dans l'IA. Le Kospi coréen a perdu 10 % en une séance. Puis Micron a rassuré, avec un bénéfice trimestriel multiplié par quinze, et le secteur a rebondi. Revers de la médaille : la pénurie de puces mémoire fait grimper les coûts, et Apple comme Microsoft ont annoncé une hausse de certains prix.
📊 L'inflation américaine reste élevée. L'inflation sous-jacente, hors énergie et alimentation, ressort à 3,4 % sur un an en mai, conforme aux attentes mais loin de l'objectif de 2 %. La Fed devrait rester en pause, une hausse de taux restant possible plus tard. En France, la confiance des ménage remonte en juin.
Note : revue arrêtée vendredi midi, les marchés ont pu évoluer depuis.
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