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La grande migration bancaire ?

Rédigé par Victor Nivet
La grande migration bancaire ?

Ce qui s'est passé cette semaine

Employés travaillant dans un open space

Immobilier d’entreprise : la reprise suspendue à l’OAT

C’était prévu : le marché de l’investissement en immobilier d’entreprise (bureaux, commerces, logistique et locaux d'activité) était parti pour renouer avec la croissance en 2026. C’est en tout ce qu’anticipait Knight Frank (l’un des principaux courtiers mondiaux du secteur dont les prévisions font référence auprès des investisseurs institutionnels) avec un volume attendu à 15,5 milliards €, soit +15 à 20 % sur un an. Oui, mais. La remontée rapide des taux de l’OAT à 10 ans change la donne.

Pour rappel, l’OAT est l’emprunt de référence de l’État français, dont le niveau conditionne directement la rentabilité attendue des actifs immobiliers. Il est passé de 3,2 % fin février à 3,72 % fin mars sous l’effet de la situation géopolitique au Moyen-Orient. Le taux est redescendu à 3,62 % après l’annonce du cessez-le-feu en Iran.

Face à cette situation, Knight Frank revoie ses prévisions et imagine trois scénarios pour 2026-2027 dont le plus pessimiste ramènerait les volumes nationaux à 8,3 milliards € en 2027. Le broker tempère toutefois : les fondamentaux français restent solides, portés par l’essor des data centers et la résistance historique du centre parisien qui fait office de valeur refuge.



Vincent Jeanbrun, Ministre délégué chargé du Logement en France

Logement : le ministre veut “écraser” les procédures et délais administratifs

En France, construire un logement prendrait en moyenne 10 ans, dont seulement 2,5 ans de travaux réels, le reste étant absorbé par des procédures administratives. C’est en tout cas le constat que dresse le ministre du Logement Vincent Jeanbrun. Il réunissait cette semaine les fédérations du métier pour suivre le plan Relance Logement dont l’objectif est d’atteindre 400 000 logements construits par an d’ici 2030.

Pour y parvenir, le gouvernement mise sur un dispositif inspiré des Jeux olympiques de Paris, où la simplification des procédures avait permis de livrer des infrastructures plus vite. Ces “opérations d’intérêt local” déclenchées à l’initiative du maire avec l’aval du préfet permettraient de contourner une partie des délais habituels.

Le ministre a par ailleurs annoncé la création d’un observatoire des coûts des matériaux pour mieux détecter les hausses de prix injustifiées dans le bâtiment.



Graphique montrant la conquête nette des nouveaux clients en France de 2021 à 2025

Banques : la grande migration ?

Entre 2021 et 2025, les banques en ligne et les fintechs ont conquis 15,4 millions de nouveaux clients en France. Dans le même temps, les réseaux bancaires traditionnels en ont perdu 2,2 millions. C'est le constat dressé par McKinsey pour Les Échos, qui confirme une bascule structurelle dans les usages. Revolut et BoursoBank tirent le jeu, avec 5,5 millions de nouveaux clients chacune sur la période, soit 11 millions à elles deux.

Le bilan des grands groupes traditionnels est pourtant plus contrasté qu'il n'y paraît : si leurs réseaux physiques reculent, leurs filiales numériques (Nickel et Hello bank (BNP Paribas), BoursoBank (Société Générale), Fortuneo (Crédit Mutuel Arkéa), BforBank (Crédit Agricole)) captaient dans le même temps plusieurs millions de clients.

La bascule est donc aussi interne. Plus largement, la logique à l'œuvre est celle de la fragmentation : les clients jonglent entre plusieurs établissements selon leurs besoins, gardant leur banque traditionnelle pour le crédit immobilier, seul terrain où ces dernières conservent un avantage réglementaire. Avec l'arrivée de la génération Z et la montée de l'IA dans le conseil financier, cette tendance devrait s'accélérer.



Quoi de neuf sur les marchés ?

🛢️ La semaine a été dominée par l'ultimatum de Trump à l'Iran et son dénouement inattendu. Le Pakistan a convaincu Washington d'accepter un cessez-le-feu de deux semaines, conditionné à la réouverture du détroit d'Ormuz. Les marchés ont salué la nouvelle avec enthousiasme : le CAC 40 termine la semaine en hausse de 5 %, le Nasdaq de 6 %. Le Brent, lui, repasse sous les 100 $ après avoir frôlé les 111 $ en début de semaine.

📉 Dans les faits, plus de 800 navires restent bloqués dans le Golfe et le pétrole est reparti à la hausse dès jeudi. Les anticipations de baisses de taux refont néanmoins surface des deux côtés de l'Atlantique, les banques centrales retrouvant un peu d'air avec le recul des prix de l'énergie. La vraie question pour la semaine prochaine : la trêve tient-elle, et le détroit s'ouvre-t-il vraiment ?

💡 En Bourse, ce sont les valeurs les plus malmenées depuis le début du conflit qui mènent le rebond : ArcelorMittal, Safran, Société Générale. TotalEnergies fait figure d'exception et recule, pénalisé par la chute du pétrole. Air France-KLM profite à la fois de la détente sur le Brent et de la perspective d'un trafic aérien stabilisé.

Note : revue arrêtée vendredi midi, les marchés ont pu évoluer depuis.



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