La tentation de l'arrangement


Espagne : la plus forte hausse des prix des logements en 18 ans
C’est un rythme inédit depuis 2007, avec une hausse désormais continue depuis 46 trimestres. Au troisième trimestre 2025, les prix des logements privés en Espagne ont augmenté de 12,8 % (sur un an). L’immobilier ancien est le principal moteur de cette hausse (+13,4 % sur un an) tandis que le neuf ralentit légèrement (+9,7 %). Et le phénomène concerne toute l’Espagne : les régions affichent toutes une hausse à deux chiffres, avec des pointes à Murcie (+15 %), Aragon (+14,6 %) et Madrid (+14,2 %).
➡️ Mais que se passe-t-il en Espagne ? Cette accélération confirme la solidité du marché résidentiel, portée par une demande durablement supérieure à l’offre. Les fondamentaux démographiques et économiques y restent plus favorables que dans une grande partie de l’Europe. La hausse est généralisée à l’ensemble du territoire, signe d’un mouvement large et non cantonné à quelques zones spéculatives. Dans ce contexte, les actifs bien situés et les plus rares continuent de tirer leur épingle du jeu. La rapidité de la progression des prix impose toutefois une sélectivité accrue, afin de préserver à la fois les rendements et la liquidité dans un marché désormais plus cher.
Source : INE (Instituto Nacional de Estadística)

Budget(s) : un vote, des concessions et la suite au prochain épisode
Le budget de la Sécurité sociale pour 2026 a été adopté de justesse à l’Assemblée, par 247 voix contre 234. Le premier à être validé sans recours au 49.3 depuis 2022. Pour y parvenir, le gouvernement a dû lâcher du lest : suspension partielle de la réforme des retraites, abandon de certaines économies et hausse des dépenses de santé. Résultat, le déficit de la Sécurité sociale, initialement visé à 17 milliards d’euros, resterait finalement proche de 20 milliards. Cette étape franchie, le plus délicat commence désormais : le budget de l’État, attendu d’ici la fin décembre dans un climat politique tendu, avec peu de marges de manœuvre et la menace d’un nouveau bras de fer parlementaire.
➡️ Cette séquence budgétaire confirme une tendance de fond : le redressement des finances publiques françaises est inévitable, mais extrêmement difficile à mettre en œuvre politiquement. En début de semaine, une note de Terra Nova rappelait que stabiliser la dette nécessiterait un effort considérable, équivalent à 3 000 à 4 000 euros par ménage et par an, via des hausses d’impôts ou des coupes dans la dépense publique. Un débat qui dépasse largement l’hémicycle… et qui risque de s’inviter naturellement dans bien des discussions de fin d’année.
Sources : Assemblée nationale, Terra Nova

DPE : la tentation de l’arrangement
Les DPE de complaisance est un phénomène qui prend de l’ampleur. Et pour cause : un mauvais DPE peut faire chuter le prix d’un logement ou empêcher sa mise en location. Selon une étude de la start-up KRNO, basée sur 6,6 millions de diagnostics, 4,3 % des DPE seraient aujourd’hui volontairement surévalués.
La pratique est surtout visible juste avant les seuils les plus pénalisants : pour les maisons classées « D », près d’un diagnostic sur six serait artificiellement amélioré. Au total, ces arrangements fausseraient près de 450 millions d’euros de valeur immobilière chaque année, remettant en question la fiabilité d’un outil devenu central pour le marché du logement.
Quoi de neuf sur les marchés ?
💰 Toute la semaine, les investisseurs ont retenu leur souffle avant la décision très attendue de la Réserve fédérale américaine. La baisse des taux de 0,25 point était largement anticipée, et elle a bien eu lieu. Résultat : pas de panique sur les marchés, mais beaucoup de prudence. En Europe comme à Paris, les indices ont surtout stagné, les investisseurs attendant désormais des indications sur la trajectoire économique de 2026. Aux États-Unis, ce cocktail de taux plus bas sans menace immédiate de récession a globalement soutenu les actions.
🤖 Si l’IA reste un moteur puissant pour les marchés, la semaine a rappelé que tout n’est pas rose. Les résultats décevants d’Oracle dans le cloud ont ravivé la crainte d’une bulle : l’action a plongé, pesant sur le Nasdaq. Même les entreprises au cœur de la révolution IA sont scrutées pour leur endettement et leur capacité réelle à transformer les promesses technologiques en profits durables. Le message est clair : l’IA fait rêver, mais les investisseurs deviennent plus exigeants.
🏭 Côté entreprises, plusieurs signaux forts. TotalEnergies a fait son entrée à Wall Street pour accroître sa visibilité internationale. IBM a frappé un grand coup avec une acquisition de 11 milliards de dollars pour accélérer dans l’IA. En Europe, Air France-KLM a souffert d’une opération financière jugée dilutive, tandis que GE Vernova a profité de la forte demande en infrastructures énergétiques, portée… par l’essor de l’IA. Une semaine contrastée, entre ambitions industrielles et réalités financières.