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Le budget 2027, ça commence... maintenant.

Rédigé par Victor Nivet

Ce qui s'est passé cette semaine

Le Premier Ministre Sébastien Lecornu

Un budget, ça se prépare (on l’avait oublié)

En temps normal, un budget, ça se prépare dès le printemps. Et Sébastien Lecornu s'en est souvenu : ce vendredi, moins de deux mois après la promulgation du budget 2026, il présidait à Bercy une réunion consacrée aux premiers travaux sur l'exercice 2027. Le timing n'est pas anodin. L'Insee vient d'annoncer un déficit public 2025 à 5,1 % du PIB, mieux que les 5,4 % attendus, ce qui rend la cible de 5 % en 2026 plus crédible. Lecornu en profite pour relever l'ambition : "passer sous les 5 %" cette année.

Mais l'équation 2027 est délicate. Ramener le déficit à 4,1 %* du PIB en un an implique un effort bien plus important que les années précédentes, dans un contexte compliqué : la guerre en Iran a fait bondir les taux d'emprunt à 3,8 %, et selon l'institut Rexecode, la charge annuelle des intérêts de la dette pourrait doubler d'ici 2030 pour dépasser 120 milliards d'euros. La bonne surprise sur le déficit ne change donc pas le fond du problème.

le niveau prévu dans le plan français validé par Bruxelles.



Escalators d'un centre commercial

Espagne : l'immobilier commercial en forme

Les galeries marchandes fermées à l'américaine et les parcs de magasins en plain-pied ont un point commun : les investisseurs en raffolent, notamment en Espagne. Les centres commerciaux espagnols pourraient attirer des investissements à hauteur de 3 milliards d'euros en 2026, selon Colliers, contre 406 millions en 2022, soit près de 7 fois plus. Les retail parks, ces ensembles de grandes enseignes accessibles directement depuis le parking, ne sont pas en reste : 500 millions d'euros captés en 2025, avec des rendements entre 6 % et 7,5 %.

Les deux formats avancent pour des raisons complémentaires : les grands centres profitent de la stabilisation des loyers et du recul des coûts de financement, tandis que les parcs séduisent par leur gestion plus simple et leur ancrage périurbain. Quelque 28 nouveaux projets sont prévus entre 2026 et 2028. L'Espagne a semble-t-il retrouvé le goût du commerce.



Graphique montrant le classement des pays d'Europe ayant livré le plus de logements neufs en 2025

Immobilier neuf : la France championne d'Europe, et elle assouplit les règles

La crise du logement neuf en France est réelle, mais dézoomer permet de nuancer quelque peu la perspective. Malgré une baisse de 17 % des livraisons entre 2023 et 2025, la France reste le premier constructeur de logements d'Europe avec 272 000 unités livrées en 2025, devant l'Allemagne (205 000) ou le Royaume-Uni (160 900), selon une étude AEW. Une performance liée aux dispositifs fiscaux d'aide à l'investissement locatif et à la solidité des grands promoteurs français, absents dans des marchés plus fragmentés comme en Allemagne.

Le gouvernement entend consolider cette position en assouplissant la RE2020, la réglementation environnementale sur la construction neuve. Un décret publié ce vendredi lève plusieurs contraintes jugées par certains acteurs du secteur comme absurdes : les balcons, terrasses et hauteurs sous plafond ne pèseront plus autant dans le calcul carbone d'un bâtiment. Les surélévations d'immeubles existants bénéficient également d'aménagements. Entrée en vigueur prévue le 1er juillet 2026.



Quoi de neuf sur les marchés ?

📉 Les marchés ont passé une semaine sous haute tension géopolitique. Le CAC 40 a touché un plus bas lundi à 7 538 points, son niveau le plus faible depuis un an, avant de rebondir progressivement pour effacer une partie des pertes. L'indice parisien abandonne encore environ 9 % depuis le début de la guerre en Iran. Wall Street a mieux résisté en milieu de semaine, avant de décrocher jeudi : le S&P 500 a cédé 1,74 % et le Nasdaq 2,38 %.

🛢️ Le pétrole reste le baromètre de la semaine. Le Brent a frôlé les 116 dollars début mars, évolue autour de 108 dollars, et chaque déclaration sur le détroit d'Ormuz suffit à faire bouger les indices de plusieurs points en quelques heures. Donald Trump a repoussé son ultimatum à l'Iran, ce qui éloigne temporairement le scénario du pire mais prolonge l'incertitude. L'or, paradoxalement, a vécu sa pire semaine depuis 1983 : la perspective de taux élevés durablement pénalise les actifs sans rendement.

💡 Quelques histoires d'entreprises ont animé la semaine. Palantir surperforme depuis le début du conflit (+15 %), portée par des rumeurs de nouveau contrat avec le Pentagone. Pop Mart, le fabricant des célèbres Labubus, a publié des résultats records (un chiffre d'affaires en hausse de 185 %) sans convaincre les marchés, qui craignent que la marque repose trop sur un seul produit. Et Edenred a plongé de 17 % après l'ouverture d'une enquête antitrust en Italie.

Note : revue arrêtée vendredi en milieu de journée, les marchés ont pu évoluer depuis.



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