Le club des milliardaires s'étend


MIPIM 2026 : l'immobilier cherche un cap entre reprise et géopolitique
Réunis cette semaine à Cannes pour le Mipim (la grande messe annuelle du secteur), investisseurs et promoteurs avaient anticipé un millésime de reconquête. Les signaux étaient là : en France, les volumes d'investissement immobilier ont progressé de 10 % en 2025 à 21 milliards d'euros et les allocations des investisseurs à l'immobilier, en hausse en 2025, ont été revues à la hausse pour 2026. Même le bureau, segment le plus en souffrance, montrait des signes de stabilisation. Puis l'intervention américano-israélienne en Iran, le 28 février, a rebattu les cartes.
La crise au Moyen-Orient n'a pas provoqué de débandade, mais elle a pesé sur le moral du salon. Blackstone y voit pourtant "l'environnement le plus positif depuis 2022" pour l'immobilier, et juge les transactions en cours non remises en cause. La vraie tendance de fond reste les data centers, devenus la classe d'actifs la plus courtisée, portés par l'appétit croissant des grands acteurs du cloud pour l'Europe. Devant la logistique et le résidentiel géré, ils concentrent les priorités stratégiques des grands fonds. Paris a en outre tiré son épingle du jeu aux Mipim Awards, avec trois projets primés, tous fondés sur la reconversion et la mixité d'usages, signe que transformer l'existant est devenu le nouveau mot d'ordre du secteur.

Finances publiques : le fisc français retrouve son rythme
610 milliards d'euros. C'est ce qu'a collecté l'État français en recettes fiscales en 2025, en hausse de 7,1 % sur un an selon la DGFiP, trois fois plus vite que le PIB. Après deux années de collecte décevante, Bercy peut souffler. Dans le détail : l'impôt sur le revenu a rapporté 95 milliards (+7,9 %), porté par la hausse des revenus des contribuables. La reprise de l'immobilier a aussi aidé, avec +18 % de taxes collectées sur les transactions. Les trois nouveaux impôts du budget Bayrou ont pesé 8,4 milliards supplémentaires. Seule la TVA reste en retrait, à +0,5 %.
Pourquoi cette hausse ? Plusieurs ressorts distincts : la fin du bouclier tarifaire sur l'énergie a mécaniquement gonflé les recettes, les nouvelles mesures ciblant grandes entreprises et hauts revenus ont fait le reste. Le déficit public s'établit à 5,4 % du PIB pour 2025, en amélioration, mais encore loin des 3 % exigés par Bruxelles.

Milliardaires : jamais aussi nombreux, jamais aussi riches
Le classement Forbes 2026 est sans appel : la planète compte désormais 3 428 milliardaires, soit 400 de plus qu'en 2025 (plus d'un par jour sur les douze derniers mois). Leur fortune cumulée atteint 20 100 milliards de dollars, contre 16 100 milliards un an plus tôt. En un an, la richesse agrégée du club a donc progressé de 25 %. Forbes cite trois moteurs : l'explosion de l'IA, des marchés en effervescence et des politiques fiscales favorables. En tête du classement, Elon Musk avec 839 milliards de dollars de fortune estimée, plus du triple de celle de Larry Page, cofondateur de Google, deuxième avec 257 milliards.
Ce qu'il faut en retenir : la concentration des richesses s'accélère à une vitesse inédite. En 2017, aucune fortune individuelle ne dépassait les 100 milliards de dollars. Elles sont aujourd'hui vingt à franchir ce seuil. L'IA est le principal moteur de cette dynamique, devant la tech au sens large. Suivre où s'accumule le capital à cette échelle, c'est aussi lire une carte des secteurs qui surperforment. Le classement Forbes complet est consultable à ce lien (en anglais).
Quoi de neuf sur les marchés ?
🛢️ La semaine a été dominée par le pétrole et ses effets en cascade. Le Brent a franchi les 100 dollars lundi après de nouvelles frappes au Moyen-Orient, avant de refluer autour de 89 dollars mardi sur des signaux d'apaisement de Trump, puis de remonter au-dessus des 100 dollars jeudi après des attaques contre des pétroliers. Cette volatilité extrême a dicté l'humeur des marchés toute la semaine, l'AIE ayant libéré 400 millions de barils de réserves d'urgence sans parvenir à stabiliser durablement les cours.
📉 Le CAC 40 repasse sous les 8 000 points vendredi, avec une perte de près de 8 % depuis le début du conflit. Les valeurs les plus exposées souffrent le plus (luxe, transport, industrie) tandis que TotalEnergies fait figure d'exception. Wall Street résiste mieux, portée par l'espoir d'un conflit court.
💡 Quelques signaux positifs malgré tout. Les semi-conducteurs ont surperformé mardi : Nvidia, AMD, Broadcom ont enregistré des hausses solides. Nintendo s'est envolé grâce au succès du nouveau Pokémon sur Switch 2. Et JCDecaux a atteint son plus haut niveau en Bourse depuis un an, porté par la croissance de ses écrans digitaux.
Note: revue arrêtée vendredi midi, les marchés ont pu évoluer depuis.