Les vraies stars de ce début d'année


Les métaux précieux, stars de ce début d’année
Intéressez-vous aux matières premières et vous saurez lire le monde tel qu’il se réorganise. C’est en substance ce qui joue depuis deux ans et particulièrement depuis le début du mois de janvier. Au premier plan, l'or, qui enchaîne les records, notamment porté par les achats soutenus des banques centrales. Goldman Sachs anticipe un cours de l’or autour de 5 400 $ l’once en 2026 (contre environ 5 100 $ actuellement). L’argent joue lui aussi son rôle historique de refuge. En toile de fond, les métaux précieux bénéficient d’un mouvement global de diversification géographique, notamment pour se désengager des États-Unis.
En parallèle, le cuivre incarne la matière première du futur. Transition énergétique, électrification, défense, intelligence artificielle : toutes les grandes priorités économiques reposent sur des infrastructures intensives en métaux. Or, l’offre ne peut pas suivre aussi rapidement. Un décalage entre besoins et capacités de production qui alimente l’idée d’un nouveau cycle long et impacte les cours.
Quid du pétrole dans cette équation ? Drill, baby, drill ? L’ancien monde n’a pas vraiment disparu et la pression se fait plus forte sur l’or noir qui entre dans une phase de surabondance. Production élevée et demande moins dynamique que par le passé exercent une pression durable sur les prix. Le contraste est frappant : les matières premières de la transition montent en puissance, celles de l’économie d’hier perdent leur centralité.

Et si l’économie française allait mieux qu’on ne le pensait ?
L’incertitude est-elle devenue le new normal ? Malgré le climat (géo)politique et budgétaire qui a irrigué l’année 2025, l’attractivité économique de la France résiste. Le nombre de projets étrangers progresse de 2 % (hors commerces) et plus de 1 800 décisions d’investissements étrangers ont été recensées, permettant le maintien ou la création de près de 47 700 emplois selon Business France.
En parallèle, la dynamique entrepreneuriale reste très forte. Selon l'Insee, 1,5 million d’entreprises ont été créées en 2025 (+5 % sur un an, un record historique, malgré près de 70 000 défaillances.) Des activités rapidement monétisables qui révèlent une préférence pour des modèles flexibles. Au global, le climat de affaires demeure solide : cet indice de l'Insee se maintient proche de sa moyenne et atteint même son plus haut niveau depuis 2022 dans l’industrie.
En bref, la France attire toujours les capitaux étrangers et peut miser sur ses projets productifs, un ancrage territorial fort et une économie domestique qui privilégie l’agilité plutôt que les paris de long terme. Un combo gagnant ?

L’Espagne, destination privilégiée des ultra-riches
L’immobilier de luxe est en train de devenir le meilleur ambassadeur du renouveau espagnol. À Madrid, les grandes fortunes affluent, attirées par un cocktail très efficace : des prix encore sages face à Paris ou Londres, un cadre de vie agréable, et une vraie stabilité du quotidien. Résultat : le haut de gamme joue pleinement son rôle de valeur refuge, autant patrimoniale que géographique.
En dehors du segment premium, le marché résidentiel espagnol avance en sous-régime chronique. Il manque près de 800 000 logements, après plus de quinze ans de construction insuffisante. L’offre peine à suivre et les prix s’ajustent donc par le haut : +12 à +13 % en 2025, puis encore +4 % à +6,2 % attendus en 2026, surtout à Madrid, Barcelone, Malaga et aux Baléares. Le tout dans une économie qui tient la route, avec 2,8 % de croissance et un chômage repassé sous les 10 %, une première depuis 2008.
(Sources : Barnes, UVE Valoraciones, AEV, INE, Bloomberg)
Quoi de neuf sur les marchés ?
🌍 Les marchés avancent avec prudence, toujours dominés par les tensions géopolitiques et les déclarations de Donald Trump. Dans ce contexte, l’or joue pleinement son rôle de valeur refuge en franchissant pour la première fois les 5 000 $ l’once. En Europe, et notamment à Paris, les indices peinent à retrouver une dynamique durable : le CAC 40 enchaîne les semaines hésitantes, loin de ses récents sommets, tandis que Wall Street résiste mieux et continue d’inscrire de nouveaux records.
🏦 La semaine a été rythmée par l’attente puis la décision de la Réserve fédérale américaine, qui a maintenu ses taux inchangés. Si ce statu quo était largement anticipé, les investisseurs cherchent surtout à décrypter le calendrier des futures baisses de taux. Le discours reste prudent : croissance solide, inflation en recul mais encore élevée, marché de l’emploi qui ralentit. En toile de fond, les tensions politiques s’invitent dans le débat, avec la perspective d’un changement à la tête de la Fed.
🏭 Les publications des résultats d’entreprises de la semaine ont accentué la volatilité des marchés. En Europe, le luxe a décroché après des perspectives jugées prudentes : LVMH a chuté, entraînant Kering et Hermès. Aux États-Unis, la tech a d’abord soutenu les indices, portée par Microsoft, Apple ou Meta, avant un net retour de doute sur la rentabilité des investissements dans l’IA : Microsoft a signé sa plus forte baisse depuis 2020, effaçant plus de 350 Md$ de capitalisation.