Des professionnels orientés sur la création de valeur
L’image du marchand de biens sans diplôme ni certification, misant uniquement sur son audace et son réseau, a fait long feu : le métier est devenu plus technique, plus juridique, plus commercial. « Les crises économiques ont également signé la fin des francs-tireurs, précise Julien Vergès. Mieux formés, les opérateurs immobiliers sont aussi mieux préparés à ce métier et aux différentes compétences qu’il exige désormais.» Plus de concurrence, plus de demandes et moins d’offres : dans un marché de plus en plus tendu, la création de valeur concerne l’ensemble de l’opération, du suivi des travaux à la gestion locative, des aspects juridiques (dans l’affectation des biens, par exemple) aux modalités d’endettement.
« L’investissement s’appuie généralement sur une combinaison de fonds propres, éventuellement complétés par des fonds levés et de prêts bancaires, indique Julien Vergès. Auparavant, il fallait attendre la revente d’une opération pour récupérer les fonds engagés et la marge pour les réinvestir ailleurs ; maintenant, avec l’épargne publique récupérée en crowdfunding, il est possible de mener simultanément davantage d’opérations, voire des plus importantes. » En maximisant les montants investis, le crowdfunding contribue ainsi à la stratégie des promoteurs-rénovateurs : soit en permettant de diversifier le portefeuille d’opérations, soit en augmentant le montant de l’investissement. « L’épargne publique contribue ainsi au développement des sociétés. Elle les fait grandir et gagner en réactivité. »
Le crowdfunding, une voie prometteuse à développer
Encore à ces prémisses, le crowdfunding représente une voie prometteuse pour les promoteurs-rénovateurs. « Les premiers retours d’expérience confirment sa pertinence : la mise en œuvre est désormais plus facile, avec peu de contraintes, et le modèle est réplicable, explique Julien Vergès.Ce mode de financement a le potentiel nécessaire pour bénéficier d’une forte croissance, de par sa souplesse et sa dimension court-terme. » Plusieurs leviers pourraient booster son usage : d’abord, l’effet boule-de-neige lié à la satisfaction des particuliers impliqués dans le crowdfunding ; du côté des professionnels, l’assurance qu’il s’agit d’une solution simple à mobiliser, fiable, offrant une flexibilité certaine (en allongeant ou en réduisant sa durée, en modulant les échéances de remboursement, etc.).
Utilisé en complément d’autres sources de financement, le crowdfunding séduit déjà de plus en plus de professionnels, comme le remarque le président du SYNAR :«L’investissement immobilier est un univers assez traditionnel, qui doit évoluer pour prendre en compte des sources complémentaires de financement. »
L’avenir du métier est dans la data
Si de nouveaux modes de financement ont vu le jour grâce aux start-ups de la Fintech, le digital pourrait encore réserver quelques bouleversements au sein du métier de promoteur-rénovateur. « Nous disposons d’une grande quantité de données encore peu exploitée, estime Julien Vergès. Mais grâce aux nouveaux algorithmes de recherche, nous pouvons déjà gagner en visibilité et obtenir des fourchettes de prix avec un haut niveau de précision. » Il y a donc fort à parier que les acteurs de la Proptech vont déployer des outils d’aide à la décision en brassant les adresses, les prix de vente et de location, permettant ensuite aux promoteurs-rénovateurs de repérer facilement, et rapidement, les écarts par rapport aux prix du marché. Tout un pan du marché est donc encore à construire.
