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Pourquoi et comment faire du crowdlending ?

Rédigé par Victor Nivet
Pourquoi et comment faire du crowdlending ?

L’intérêt d’une allocation crowdlending dans un portefeuille d’actifs

Spécialisé dans la dette privée, Zencap Asset Management a souvent recours aux plateformes de crowdlending : « Par souci de temps, de taille et de rentabilité, nous ne finançons pas directement de start-ups ou PME, mais plutôt des plateformes spécialisées pour le faire ». Devant le nombre croissant d’acteurs de ce nouveau marché, Richard Jacquet ne se dit pas surpris : « c’est une activité qui a pignon sur rue. Depuis quelques années, le crowdlending génère beaucoup de buzz car il séduit à la fois les investisseurs institutionnels et particuliers ».

Richard Jacquet explique cet engouement par plusieurs éléments. Tout d’abord la question du rendement, plus élevé que pour les investissements traditionnels : « si, en théorie, il peut varier entre 3 et 12% si ce n’est plus, dans les faits il gravite plutôt entre 4 et 8%, ce qui est au-dessus de la moyenne du marché obligataire ». Plus important encore, la possibilité pour un investisseur de surveiller le marché : « dans une économie ultra-concurrentielle et constamment disruptée, c’est un excellent outil de veille. Par exemple, en investissant dans de jeunes start-ups, l’investisseur institutionnel se tient au fait des nouvelles pratiques de consommation et des besoins de ses clients ». A cela s’ajoute la perspective pour l’investisseur d’innover et de trouver de nouveaux débouchés : « lorsqu’ un assureur décide d’investir 100 millions d’euros dans une plateforme de crowdlending, ce peut être autant par souci de s’associer à la potentielle concurrence de demain que par espoir de rendements rapides », explique Richard Jacquet.

Enfin, le président de Zencap Asset Mangament voit un dernier intérêt majeur au crowdlending : la possibilité pour l’investisseur de s’engager utilement via sa participation à un projet. « C’est une façon très concrète de soutenir une cause et de manifester des motivations sociales ou environnementales ».

Les secrets d’un investissement réussi

Tous les investissements en crowdlending ne sont pas couronnés de succès pour autant. « Avec un taux de défaut moyen pouvant atteindre plusieurs pourcents, le risque est parfois élevé comparé au rendement cible. La possibilité de ne pas être payé existe et il n’en faut pas plus pour refroidir les investisseurs ». Dès lors, quels sont les secrets d’un investissement réussi en crowdlending ?

Avant toute chose, il y a le choix de la fintech : « c’est l’étape la plus importante ! L’intérêt des projets, la politique de souscription, de recouvrement et donc la qualité globale des investissements en dépendent ».  Fort de ce constat, Zencap Asset Management mène pour ses clients un audit complet des plateformes en amont : « chez nous, cette due diligence est systématique mais elle prend du temps. L’analyse peut en effet durer plus d’un an car il y a énormément d’éléments à étudier ». Parmi ceux-ci, Richard Jacquet en identifie trois en particulier : « la sélection et l’allocation des prêts, les process crédit et les flux/paiements ainsi que le risque de fraude ». Le premier nécessite une vérification de la façon dont sont alloués les prêts par la plateforme : « les investisseurs doivent tous avoir les mêmes statistiques. Si en participant au même ensemble de projets, l’un enregistre un rendement de 10% et l’autre de 8%, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas ». Le second s’appuie sur l’étude minutieuse du process crédit et des flux financiers : « comment les prêts sont-ils octroyés ? Où va l’argent ? Comment est-il récupéré ? Avec quelles banques la plateforme travaille-t-elle ? Quels contrôles et audits a-t-elle menés ? Et surtout quelle politique de recouvrement est mise en œuvre ? ». Enfin, la fraude qui reste un enjeu important : « même si elle reste rare, elle ne doit pas être sous-estimée. Et sans l’aide d’une société expérimentée comme la nôtre, il n’est pas toujours facile de limiter ce risque qu’on ne peut jamais totalement éliminer ».

Ensuite seulement vient le choix des entreprises dans lesquelles investir. De nombreux éléments rentrent en compte : « les convictions de l’investisseur, son rapport au projet, ses besoins de liquidité par exemple ». L’idéal pour choisir selon ces nombreux critères ? Encore et toujours la plateforme : « dans la mesure du possible, il faut veiller à travailler avec des entités régulées avec le niveau maximal d’agréments ».

Le mot de la fin ?

Richard Jacquet prédit de beaux jours au crowdlending et aux fintechs spécialisées, notamment en France où son développement, quoique moins rapide que chez ses voisins anglo-saxons, est de plus en plus important : « Les fintechs vont révolutionner le marché et tous les investisseurs devraient y prendre part ! ».

 

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