Une reprise accompagnée
C’est un secteur essentiel de l’économie française. Il représente 2 millions d’emplois et 11 % du PIB. C’est également celui qui a connu l’une des plus importantes chutes d’activité : 88 % début avril. Face à cette situation, les dispositifs de soutien public ont pleinement joué : les prêts garantis par l’État ont permis le financement de 8,2 milliards d’euros et l’activité partielle a concerné 1,4 millions de salariés du BTP.
Afin d’accompagner rapidement la relance, le gouvernement a présenté à l’occasion du troisième projet de loi de finances rectificative pour 2020 un plan de soutien au secteur du bâtiment et des travaux publics. Premier axe de ce plan : la trésorerie des entreprises. Afin de leur permettre d’absorber les surcoûts liés à la sécurité sanitaire des chantiers, qui s’élèvent de 10 % à 20 %, les entreprises de moins de 50 salariés pourront effacer jusqu’à 50 % de leurs charges sociales des mois de mars, avril et mai. À défaut, c’est l’étalement sur trois ans qui pourra être proposé.
Cap sur la transition énergétique
Les professionnels du secteur ont pour leur part le regard tourné vers la rentrée. « Nous voulons à tout prix éviter un trou d’air à l’automne dans la construction » a expliqué le ministre chargé de la ville et du logement, Julien Denormandie. Pour cause : les chantiers en cours ont pour la plupart été engagés ou signés avant la période de confinement et avant le ralentissement économique. Le retard pris ces derniers mois et l’incertitude des ménages et collectivités risquent de se faire sentir à la rentrée.
Dans l’objectif d’éviter une chute de l’activité sur la durée, le gouvernement a d’ores et déjà annoncé que le deuxième volet de son dispositif de soutien sera dévoilé en septembre, grâce à un plan de relance centré sur la construction et la rénovation thermique. Le secteur aura un rôle majeur à jouer dans les mois à venir dans la transition énergétique. Dans un premier temps, l’exécutif a souhaité permettre aux assemblées générales de copropriétés de se tenir en visioconférence ou par correspondance afin d’engager les premiers chantiers de rénovation possibles.
Le rôle de la commande publique
L’investissement public devrait lui aussi avoir un rôle moteur dans cette reprise. Le plan du gouvernement entend mobiliser les donneurs d’ordre publics afin d’enrayer la baisse des appels d’offres pratiqués par les collectivités territoriales. La dotation de soutien à l’investissement local (DSIL) sera abondée de 1 milliard d’euros supplémentaire pour atteindre 1,6 milliard d’euros. Un effort pour inciter les collectivités à investir sans attendre et à soutenir localement le secteur.
En revanche, une baisse de la TVA à 5,5 % n’est pas à l’ordre du jour. Bercy a fait savoir que le recours à ce taux n’avait pas permis d’atteindre « les effets attendus » par le passé. Certains professionnels du secteur demandent pour leur part à ce que le dispositif Denormandie, permettant une réduction d’impôt lors de la rénovation d’un logement locatif ancien, soit étendu à toutes les villes de France, contre 245 actuellement concernées. Cette mesure fera-t-elle partie du plan de relance sur lequel l’exécutif travaille actuellement ? Rendez-vous en septembre pour en connaître les détails
