Newsletter

Sept sur sept pour la France

Rédigé par Victor Nivet
Sept sur sept pour la France

Ce qui s'est passé cette semaine

Tours de La Défense

Sept à la suite : la France reste la chouchoute des investisseurs, pour l’instant

Septième sacre d’affilée pour la France au baromètre EY de l’attractivité, publié le 21 mai. Avec 852 implantations et extensions d’entreprises étrangères en 2025, l’Hexagone devance le Royaume-Uni et l’Allemagne sur le podium européen. Les locomotives ? L’intelligence artificielle, les data centers, l’énergie bas-carbone et la défense, qui drainent l’essentiel des nouveaux projets.

Reste que l’horizon se charge progressivement. Les investissements étrangers en France ont reculé de 17 % sur un an et les capitaux américains baissent de 14 % depuis l’élection de Donald Trump. Plus parlant pour la suite : seuls 57 % des dirigeants interrogés envisagent d’investir en France dans les douze prochains mois, un niveau inférieur aux années précédentes. EY pointe l’instabilité politique et une fiscalité parmi les plus lourdes de l’OCDE, dans un contexte où l’Europe du Sud et centrale grignote du terrain.



Quartier de Wall Street à New York

Wall Street se prépare à avaler la déferlante tech

SpaceX allume les moteurs. Le groupe d’Elon Musk a déposé son prospectus auprès du régulateur américain en vue d’une cotation au Nasdaq le 12 juin, avec une levée visée d’environ 80 milliards de dollars pour une valorisation de 2 000 milliards. Soit trois fois le record détenu jusqu’ici par Saudi Aramco en 2019. Au passage, son fondateur Elon Musk, qui conservera 85 % des droits de vote, pourrait devenir le premier “billionnaire” (1 000 milliards de fortune) de l’histoire.

Et il ne sera pas seul sur la rampe de lancement. OpenAI prépare une cotation en septembre autour de 1 000 milliards de dollars et Anthropic vise octobre avec une valorisation attendue à 900 milliards. Selon Goldman Sachs, plus de 160 milliards devraient être levés via des IPO américaines cette année, contre 46 milliards en 2025. Avec une part de cash dans les portefeuilles tombée à 3,9 % en mai selon Bank of America, le défi sera de tout absorber sans indigestion.



Stellantis joue sa transformation à 60 milliards d’euros

Stellantis joue sa transformation à 60 milliards d’euros

Le constructeur a dévoilé jeudi un plan d’investissement de 60 milliards d’euros sur cinq ans, articulé autour de deux axes : l’Amérique du Nord, qui captera 60 % des 36 milliards dédiés aux marques et aux produits, et un repositionnement sur les petites voitures électriques abordables en Europe. Symbole de ce virage, la Citroën 2CV revient en version électrique et sera présentée au Mondial de Paris cet automne, avec un prix d’entrée annoncé sous 15 000 euros.

La contrepartie est industrielle : Stellantis assume une réduction de plus de 800 000 unités de capacité de production en Europe et confirme l’arrêt de l’assemblage automobile à Poissy après 2028. Le PDG Antonio Filosa vise 15 % de croissance du chiffre d’affaires en Europe avec une marge d’exploitation de 3 à 5 %, contre +25 % outre-Atlantique. Le titre a reculé à l’annonce, signe que le marché attend désormais des résultats concrets.



Quoi de neuf sur les marchés ?

🛢️ Le bras de fer entre Washington et Téhéran reste le fil rouge cette semaine, avec un cessez-le-feu fragile et le détroit d’Ormuz toujours bloqué. Après une éclaircie mercredi (avec le passage d’une vingtaine de navires), Téhéran a annoncé jeudi soir conserver son uranium enrichi, refroidissant l’espoir d’un accord. Le Brent oscille autour de 110 dollars le baril, en léger repli en fin de semaine. Les indices européens, CAC 40 et Euro Stoxx 50, ont malgré tout évolué dans le vert.

🤖 Nvidia a annoncé un chiffre d’affaires trimestriel de 81,6 milliards de dollars et prévoit 91 milliards pour le trimestre suivant. L’action a pourtant cédé 1,8 % à la publication, quatrième repli d’affilée sur les résultats. Sans entamer son parcours pour autant : +18 % en 2026, +600 % sur trois ans.

📊 Le rendement des bons du Trésor américain à 30 ans a touché son plus haut depuis juillet 2007 et le 10 ans s’est tendu à 4,68 %, signe que les investisseurs craignent un retour de l’inflation et un maintien des taux. L’OAT française à 10 ans approche les 4 %.

Note : revue arrêtée vendredi midi, les marchés ont pu évoluer depuis.



Pour prolonger la lecture

  • FRANCEINFO — Le Plan épargne retraite (PER) a franchi 150 milliards d'euros d'encours, en hausse de 20 % en un an, et compte près de 13 millions de souscripteurs. Son succès repose sur un avantage fiscal sur les versements (déductibles du revenu imposable) et un rendement annuel de 3 à 5 %, bien au-delà du 1,5 % du Livret A.

  • LES ÉCHOS — La guerre au Moyen-Orient pèse sur la croissance européenne, entraînant une révision à la baisse des prévisions pour l’UE et la zone euro. L’inflation, alimentée par la hausse des prix de l’énergie, fragilise la confiance. La France, moins touchée, affiche toutefois un déficit public préoccupant et une dette en hausse, qui appellent des mesures de redressement.

Abonnez-vous à la newsletter